Témoignages de familles

Un beau matin de juin, en lisant un courrier d’Alzheimer Belgique, j'apprends l'existence de Baluchon Alzheimer. J'ai téléphoné l'après-midi même et ai pratiquement réservé leur service pour août. Pourquoi deux mois d'attente ? Parce qu'il fallait me faire à l'idée "d'abandonner" mon mari. Je pensais : "la baluchonneuse ne s'en sortira pas, il est trop difficile...

Les premiers troubles du comportement de mon mari se sont manifestés épisodiquement à partir de 1996. Médicalement il a fallu 4 à 5 ans pour définir cette catastrophe qu'est Alzheimer. Mais cela veut dire qu'en Août 2004, il y avait quand même 9 ans 1/2 que j'usais ma patience, mes forces psychiques et physiques à essayer, les premières années, de comprendre ce qui lui arrivait, et ensuite quand "j'ai su", à tenter de lui préserver la vie la plus paisible possible. Son mal, en progressant m'a fait perdre 19 kg, m'a donné mal au dos, aux épaules, a révolté mon nerf sciatique, m'a conduit parfois au dégoût de vivre.

Un beau matin de juin, en lisant un courrier d’Alzheimer Belgique j'apprends l'existence de Baluchon Alzheimer. J'ai téléphoné l'après-midi même et ai pratiquement réservé leur service pour août .Pourquoi deux mois d'attente? Parce qu'il fallait me faire à l'idée "d'abandonner" mon mari. Je pensais : "la baluchonneuse ne s'en sortira pas, il est trop difficile".

J'ai tenu bon, août est arrivé et je suis partie voir mes enfants que je n'avais plus revus depuis deux ans parce qu'ils habitent à 950 km. Ils sont vétérinaire et ont un travail considérable. Le spectacle qu’offre cette maladie n'en est pas un pour mes petits enfants. De plus, la vigueur de
ces derniers n’est pas supportable pour mon mari.

Cette petite semaine d'air m'a donné :

- Une joie incroyable et partagée avec mon fils, mes petits enfants et leur maman.
- Une sensation de liberté totale dans cette si belle Auvergne, sans responsabilité, sans contrainte.
- Dormir sans l'inquiétude de l'entendre se lever et la peur qu'il tombe.

Au retour tout s'était très bien passé, la baluchonneuse s'en sort mieux que moi!
Mon mari est en forme et serein. Même mes deux chiens ont étés soignés aux petits oignons! Et moi, je suis tellement heureuse de le retrouver et je vois sourire dans ses yeux la joie de me revoir.

Je suis certaine maintenant de l’aimer encore car je suis « requinquée », « regonflée » de tendresse et de patience, je vais pouvoir continuer à lui donner ce qu’il attend de moi. Je n’ai plus perdu de poids depuis le premier baluchonnage. Je me demande ce qu’il serait advenu de nous sans ce service. J’étais à bout et le placement en institution me terrorise, cela me semble une abdication, un abandon de mon amour depuis 31 ans, ce doit être un déchirement.

Avec « Baluchon d’Alzheimer », j’ai retrouvé le courage de continuer notre chemin et même un démarrage d’une certaine douceur de vivre.

Découvrez « Mon Amour a rencontré Alzheimer », un livre de témoignage écrit par Martine Auriel et vendu au profit de Baluchon Alzheimer.

- Martine Auriel, 19/09/2013

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